Kantisme et théories de la relativité d'Einstein

Publié le par Sylvain Saint-Martory

                      
Au cours d’une série de conférences sur le thème « Qu’est-ce qu’un système philosophique ? », récemment diffusée dans l’émission « Éloge du savoir » de France Culture, Jacques Bouveresse, titulaire – pourtant ! - de la chaire « Philosophie du langage et de la connaissance » au Collège de France, a d’abord été amené à poser la question générale suivante :
 
 « Les découvertes scientifiques peuvent-elles mettre à mal des systèmes philosophiques ? »
 
Il s’est ensuite demandé plus précisément :
 
« Le kantisme a-t-il été remis en cause par des géométries non euclidiennes et par la découverte de la théorie de la relativité ? L’apparition de la théorie de la relativité était-elle en mesure de poser un problème sérieux au kantisme, et pourquoi ? »
 
Je passe ici sur les détails tendant à montrer que géométrie euclidienne et scolastique kantienne ne faisaient pas bon ménage, tandis que la théorie de la relativité d’Einstein aurait fourni une confirmation de la doctrine kantienne à propos du temps, dont Kant aurait reconnu la « relativité » par rapport au sujet « percevant », dixit Jacques Bouveresse.
 
Or, sur ce point, Brunner n’est pas du même avis, comme cela sera prochainement montré. Il dénonce Kant, en effet, pour avoir considéré le temps ainsi que l’espace comme étant absolus, c’est-à-dire indépendants des choses dans leur juxtaposition et leur changement de juxtaposition résultant du mouvement perpétuel des choses.
 
De manière plus générale, Jacques Bouveresse se demande si la science peut permettre de trancher entres des options philosophiques, et  il se pose la question de la relation de la philosophie kantienne avec la théorie de la relativité et avec la science en général. Il est ainsi conduit à l'« aberration philosophique » suivante :
 
« Devient-il utile - devant l’avancée de la Science ! – d’amender un système philosophique au lieu de l’abandonner ? » En clair : la philosophie à l’épreuve de la Science, Spinoza ou LA Vérité absolue face aux vérités à jamais « relatives » de la Science, toutes disciplines confondues ? !
 
Jacques Bouveresse déclare sans ambiguïté, en effet :
 
« Si la philosophie est capable de ressembler à une science "authentique" ( ? !), une option philosophique peut parvenir à être réfutée. »
 
Il se base, là, sur la possibilité laissée à la science de réfuter la philosophie : oui, mais laquelle ? L’Idéalisme ou spiritualisme de Descartes ou de Kant, entre autres, ainsi que le Matérialisme du scientisme contemporain avec leurs « deux » absolus, ou bien ce que Spinoza entend précisément par « vraie » philosophie, en démontrant que l’Absolu ne peut être qu’UN, unique, sauf à ne plus être absolu ? !
 
Matérialisme et Idéalisme se prennent pour la philosophie, alors qu’ils sont de la « métaphysique », par quoi il faut entendre le recours à des arrière-mondes, d’où notre monde aurait émergé – par « hasard », de surcroît, aussi ? !
 
Jacques Bouveresse lance même le bouchon encore plus loin en n’hésitant pas à déclarer : « La vérité est encore à trouver. Et ce, au fur et à mesure de l’avancement de la connaissance scientifique. » (Sic !)
 
Je persiste néanmoins à dire et à redire qu’il s’agit seulement d’un savoir relatif de la Science, et non d’une « connaissance », car il n’aboutira jamais à une connaissance et à une compréhension « absolues » de notre monde, dont l’existence est seulement relative à notre penser pratique relatif. Que pourrions-nous connaître « absolument », en effet, et comment, sur quelque chose, notre monde en l’occurrence, qui est en perpétuel mouvement, donc en constante transformation ? En conclusion, si la science peut confirmer la philosophie - la « vraie » philosophie ! -, celle-ci n’attend rien de la science pour découvrir LA Vérité éternelle absolue, qui n’est pas de ce monde relatif.
 
Le mélange de la science et de la philosophie est la résultante de la confusion des facultés de notre entendement, dont l’une nommée « entendement pratique » par Brunner [Penser conceptuel des données sensibles et penser des abstractions (causalité essentiellement, mais aussi langage et toutes les constructions auxiliaires précisées antérieurement) pense seulement le « relatif », tandis que l’autre, le penser spirituel ou Esprit, pense l’Absolu, dans la mystique authentique (cf. le Bouddha et le Christ dans leur Parole non pervertie par la superstition religieuse qui a usurpé leur nom) et la philosophie du UN absolu. 

Confondre les facultés conduit à « absolutiser fictivement le relatif », fondement de la Superstition dans ses divers modes d’expression : religion, toutes religions confondues – monothéistes ou non -, métaphysique [Scientisme matérialiste et scolastique spiritualiste], idéologie, toutes les idéologies sans exception, et moralisme [Morale et condamnations moralisatrices des Autres au nom de la Morale : laquelle ? !], tous catéchismes réunis – fut-il le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l’homme, dont seule l’inobservation est patente depuis bientôt soixante ans…

Si les équations mathématiques et autres théories ou hypothèses scientifiques avaient réussi à remettre en question le Dieu « superstitieux » de Kant, un Dieu-Créateur doté d'un prétendu libre arbitre, en tout point identique au Dieu religieux, « ça » se saurait ! ! !


 

Publié dans PHILOSOPHIE

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tietie007 28/09/2007 15:33

Dieu ne joue pas aux dés !